«8 dames pour annoncer les couleurs du 8-Mars». C’est sur cette affiche musicale que Ouagadougou a été convié au réveillon de la Journée internationale de la femme. Pour une fois, le showbiz burkinabè, en l’occurrence ETK, a eu la lumineuse inspiration d’allumer les flammes de cette célébration mondiale par un plateau composé uniquement de femmes musiciennes made in Burkina.
Au-delà du séduisant symbolisme, c’est sans doute une des premières fois qu’un spectacle a été assuré de bout en bout au féminin. C’est tout à l’honneur des organisateurs du spectacle, mais aussi et surtout de ces dames qui ne ménagent aucun effort pour se hisser au sommet de leur art. Incontestablement, les 8 artistes (Amity Méria, Sonia Carré d’as, Sami Rama, Idak Bassavé, Djata, Remeka, Sissao et Adji) ont marqué, ces deux dernières années, la galaxie du showbiz burkinabè de leurs créations et prestations. Le choix porté sur elles ne semble pas avoir été guidé par le hasard ou la complaisance. Ce sont les stars du moment, et elles méritaient bien qu’on leur fasse confiance.
La réalisation d’un Compil des dames en 2005 par Seydoni Productions avait déjà montré que la musique burkinabè peut désormais se jouer en femmes majeures. Certes, l’opus a voulu faire de la place à tout le monde, les talentueuses comme les débutantes. Mais des révélations comme Remeka, Adji, Sissao - pour ne citer que les novices - prouvent que l’écurie des Frères Traoré a vu juste. La musique burkinabè doit désormais compter avec les dames.
Dans ce registre, il est juste et bon de saluer l’audace du trio des «Premières dames» qui a su, à sa manière, jouer la partition de la femme dans la fièvre du Tak’borsé qui s’est emparée du Burkina. Certes, Kadi Jolie, Aïcha Junior et Maguy Leslie ont encore des notes à affiner.