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De bonnes moissons pour les artistes méritants

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Les rideaux sont tombés sur la 15e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC), ce samedi 4 décembre 2010, sur le Plateau omnisports de Yéguéré à Bobo-Dioulasso. Décorations, proclamation des résultats, remises symboliques de prix et feux d'artifices ont marqué la clôture de cette biennale, tribune d'expression de la diversité et de la richesse culturelle marquée par le sceau des 50 ans d'indépendance du Burkina-Faso.

Pendant 8 jours et comme de coutume depuis 1990, la ville de Bobo-Dioulasso a vibré au rythme d'un brassage culturel animé par l'ensemble des communautés nationales et même étrangères. Cette 15e édition de la biennale qui a fait de la culture un facteur de cohésion sociale et de développement du Burkina Faso a donc fermé ses portes.

La cérémonie de clôture a consisté essentiellement à récompenser les artistes les plus méritants dans les différentes compétitions. Si la cérémonie d'ouverture avait commencé par une animation musicale avec des artistes comme Eudoxie, Issouf Kiénou, Madou Koné et des troupes de la diaspora ivoirienne, celle de la clôture de la SNC Bobo 2010 a été marquée par la décoration, à titre posthume, de Badiata Mélissa Ilébou dite Djata. Affectueusement appelée « La vieille mère » est décédée dans la nuit du 20 au 21 octobre 2010, Djata a été élevée au rang de Chevalier de mérite des Arts, des Lettres et de la Communication avec agrafe Musique et Danse.

Quant aux différents prix, le Système des Nations unies et l'UNICEF ont respectivement décerné à la Troupe de chorégraphie du Houet et à la Troupe théâtrale Brigué de Bérégadougou deux prix spéciaux en arts du spectacle. Michel Kahoun du Tuy en vedette de la chanson moderne, Abzéta Ouédraogo de Gourcy en vedette de la chanson traditionnelle et la Troupe Brébié du Nahouri en chœurs populaires ont tous reçu des prix spéciaux pour la scolarisation de la fille et l'alphabétisation de la femme, du Ministère de l'Enseignement de base et de l'Alphabétisation (MEBA).

De plus, la Générale des assurances (GA) a octroyé un prix spécial en art plastique (peinture et batik) à Samuel Ouédraogo du Houet pour son œuvre : « Le faux départ ». A leur suite, les présidents de jurys des différentes compétions ont officiellement proclamé les résultats. Dans les catégories jeunes filles, jeunes garçons et adultes en lutte traditionnelle, la province du Nayala a régné sans partage avec à la clé Badi Alfred Zan comme nouveau chef des 100 kg hommes de l'arène.

Le tir à l'arc a, quant à lui, été la chasse gardée du Sud-Ouest avec Dominique Somé du Yoba (cadet garçon), Nibo Kambiré du Poni (junior) notamment et Jean Kargada du Nahouri (adulte). L'art culinaire qui a connu la participation de plus d'une soixantaine de candidates pour 69 mets a, entre autres, désigné Bintou Ouattara comme cordon-bleu en plat lourd et Léa Nacoulma en boissons. Les 39 œuvres des arts plastiques en compétition ont sacré Julien Zongo en sculpture, Blandine Ouédraogo en peinture, Wendlassida Ouédraogo en batik et Boureima Ouédraogo en art composite.

La compétition en arts du spectacle avec la danse traditionnelle, la chorégraphie, les chœurs populaires, la musique traditionnelle et moderne, les ballets et orchestres, mais aussi le spectacle vivant, a fait des lauréats de fortunes diverses parmi la centaine de troupes en lice. La littérature en langue française qui a mis aux prises 101 œuvres en bande dessinée, nouvelles, théâtre, poésie et conte a fait ses lauréats tandis que celles en langues nationales mooré, dioula et fulfuldé se sont vu refuser la compétition pour leurs insuffisances numériques conformément aux textes (moins de 10 œuvres dans chaque langue).

Au terme de ces remises de prix, le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication, Filippe Savadogo, a mis la réussite de cette biennale au compte du gouvernement burkinabè qui fait de « la culture le pilier de la stratégie de croissance accélérée pour le développement durable au Burkina Faso ». A l'entendre, on retiendra que cette 15e SNC a créé un marché culturel et réalisé des contacts directs entre acheteurs et artistes. « Cette année, l'occasion nous a été offerte de vendre notre produit culturel à des consommateurs et à des opérateurs économiques », a-t-il confié avant de poursuivre que désormais, les lauréats de l'art culinaire pourront voir leurs recettes inscrites aux tables des restaurants et hôtels du Burkina Faso. Pour sa part, le Premier ministre, Tertius Zongo, a exprimé sa joie de constater que cette manifestation a été conduite à terme.

Pour lui, la place de la culture dans le développement du Burkina Faso, n'est plus sujet à tergiversation et son gouvernement entend poursuivre son accompagnement pour consolider les acquis déjà engrangés et relever les défis qui se présentent. Les lampions se sont ainsi éteints sur la SNC Bobo 2010 avec des feux d'artifices acclamés par le public et les regards se tournent vers 2012 pour la 16e édition.

Jean-Marie TOE

Propos de lauréats

Samuel Ouédraogo : 1er prix batik, 2e prix en bande dessinée et prix spécial GA.

« Il s'agit d'une œuvre qui représente le faux départ du Mogho Naaba. Les jurys ont trouvé qu'elle répond à leurs critères, particulièrement en son aspect créativité. J'ai fait des recherches pour me perfectionner et j'ai utilisé une nouvelle technique dans le batik. Ce prix qui me procure une grande joie est le fruit de mes efforts et me permet, en tant qu'artiste, de me valoriser et de mieux m'équiper pour m'améliorer ».

Chef d'orchestre de Burkina Star : 1er prix orchestre

« Nous avons été très contents d'avoir ce 1er prix, parce que c'est notre première participation à la SNC. Nous sommes d'autant plus heureux que le niveau de la compétition était vraiment élevé. Grâce à Dieu et au travail que nous avons abattu pendant des semaines, nous en sommes là. Vive la SNC » !

Yacouba Zoungrana : 1er prix en vedette de la chanson moderne

« Ce prix représente pour moi un encouragement. De plus, il signifie que je peux aller encore plus loin. J'en suis très fier et je voudrais remercier tous ceux qui ont cru en moi, m'ont soutenu et qui ont fait de moi ce que je suis aujourd'hui ».

Patrice Sawadogo, troupe Relwendé de Kongoussi : 1er prix danse traditionnelle adulte

« Nous sommes heureux et fiers. Cette récompense est un couronnement de plusieurs années de travail, parce que la troupe qui vient de remporter le 1er prix a reçu en 2006 et 2008, les 1er prix en danse traditionnelle pool jeune. Ce n'est donc qu'une suite, en ce sens que lorsque des jeunes arrivent à remporter un prix, et qu'ils continuent sur la même lancée, ils doivent pouvoir remporter ce même prix dans la catégorie adulte dans laquelle ils vont évoluer ».

JMT - Sidwaya

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