Cliquer sur ce lien pour nous soumettre des articles, des liens, des sons, des vidéos... sur la musique burkinabè.
Keyt - Mon histoire
1er mai 1989:
Un vent de bonheur habille la famille Keita. Dans une maternité de la ville de Bobo Dioulasso, capitale économique du Burkina Faso, naissait leur bébé baptisé plus tard « Yaya ». Hélas ! Le malheur n’attendra pas longtemps pour frapper les Keita. A peine deux ans et voilà le petit Yaya Keita, victime de méningite.
Conséquence, il perd la vue. Désespoir et pessimisme gagnent l’entourage du petit Yaya quand à l’avenir de leur rejeton.
La conviction est toute faite : « c’est foutue ». Dans le quartier les mauvaises langues prédisent même un destin de mendiant pour l’infortuné. Référence faite à ces nombreux aveugles et malvoyants tendant la main dans les rues africaines. Un sort que la famille Keita refuse de contribuer à réserver au petit innocent, qui n’imaginait pas à cet age la gravité de son mal. Passé le choc des premiers moments de cette horrible réalité, les parents de Yaya Keita regagnent l’espoir. Convaincu désormais qu’un enfant aveugle reste un enfant comme les autres. Avec des chances et des droits. Aidés en cela par les prédispositions développées par Yaya les années qui ont suivi sa maladie. Jovial, optimiste, intelligent, sens de la responsabilité et du défi, le petit aveugle va jusqu’à banaliser son handicap. Laissant pantois un entourage au discours moqueur et au regard méprisant. Yaya Keita défie même la cécité.
A Ouagadougou dans la capitale burkinabè où il réside désormais chez son oncle, le gamin revendique son droit à la scolarisation. « J’étais conscient de ma situation et je voulais montrer aux enfants de ma génération que je pouvais jouer avec eux, faire tout comme
eux et même faire mieux qu’eux ». Feu le Dr Siaka Diarra, ancien président de l’ABPAM (Association burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants) va servir de référentiel
pour le petit Yaya. Des cours de brail grâce à cette association et voilà Yaya Keita à l’école. L’envie de prouver ou de s’imposer se transforme en une véritable rage de vaincre ! La conséquence est logique. Des résultats scolaires brillants, des tableaux d’honneur.
Comme la méningite qui l’a frappée très tôt, Yaya Keita sera très vite touché par un virus : celui de la musique. En 2000, le rap est roi dans la capitale burkinabè.
Les nuits culturelles des lycées et collèges sont des occasions de Clash party ou de sounds sys-
tem. Comme les jeunes de son âge Yaya va baigner dans cette influence musicale qui accorde une place de choix au verbe. Une aubaine, une échappatoire pour le jeune handicapé visuel qui n’arrête plus d’exprimer ses frustrations face aux méchancetés de la vie. L’entourage devient donc une source d’inspiration pour l’artiste en herbe. Au collège Saint Pierre de Kouka au quartier Gounghin de Ouagadougou où il fréquentait, Yaya Keita se battit déjà une réputation non usurpée de jeune talent musical. Face à l’école, la musique pèse désormais lourd dans la balance. Alors qu’il était en classe de 4e, le petit Keita abandonne les bancs de classe. Décidé à faire carrière dans la musique. Keita devient « Keyt ». C’est son nom d’artiste. Toujours fonceur et impétueux « Il suffisait que j’apprenne l’annonce d’un concert à la radio et tout de suite j’emmerde l’artiste ou le promoteur du spectacle pour faire
la première partie du concert ». Entre temps il y a eu d’autres influences musicales. Mandingue, blues, avec des noms comme Salif Keita ou le couple aveugle du Mali Amadou ut et Mariam.
Grand fan de radio et de l’animateur Hip Hop de la radio Ouaga FM, DJ Alexis, Keyt décide de rencontrer son idole pour lui exposer ses ambitions musicales. « J’ai envi de m’exprimer en musique mais il y a trop de barrières. Du fait de mon handicap les portes se ferment.
Alors fait quelque chose pour moi ». Des paroles sensibles qui ont touché le cœur de l’animateur radio devenu du même coup un grand ami de Keyt. Quelques scènes s’ouvrent alors au jeune artiste grâce à cette amitié. Le support devient une nécessité pour mieux se vendre.
Keyt entre en studio et réalise une maquette. « M’badey », c’est la première inspiration qu’il met sur support audio.
Un soir de l’année 2009.Keyt est en prestation devant une audience enchantée dans un bar dancing de Ouagadougou qui fêtait son anniversaire. Un anniversaire qui porte chance au petit Keyt. Une femme au grand cœur était là ce jour.
Elle n’a pas pu résister à l’histoire pathétique et à la voix mélodieuse de l’artiste. Omnubilé par le talent et le courage d’un jeune homme décidé à surmonter son handicap, Madame Toé prend l’engagement de soutenir Keyt à travers une production. Encouragée dans ce projet par DJ Alexis qui se trouve être son collaborateur.
Engagement tenu quelque temps plus tard par cette femme de parole. Madame Toé est la productrice et manager générale de Rovane, l’une des plus grandes voix féminines du pays des hommes intègres. Elle a en charge également la gestion de la carrière du groupe révélation de l’année 2009 au Burkina Faso, Cysby et Eldji. La rencontre avec cette femme discrète du showbiz burkinabè va donc marquer la concrétisation d’un rêve et d’une longue persévérance pour le petit Keyt.
Le petit Keyt est décidemment un homme très chanceux car en plus du soutien des personnes comme Madame Toé, Dj Alexis, Mandowé du groupe Yeleen, Rovane et Yoni, il a également le soutien de cet autre grand faiseur de star au Burkina Faso Le Commandant PAPUS Directeur de la structure de production Merveilles . Il a été touché par le talent et surtout l’esprit gagneur
de l’artiste. Du coup Le Commandant s’est engagé sur l’album « Mon histoire » en tant que Coéditeur.


Commentaires
Poster un nouveau commentaire